Chaque année les Bengalis célèbrent la déesse Durga au cours d’un long festival appelé Durga Puja (cérémonie d’offrande et d’adoration à Durga).
Durga en sanskrit signifie "celle qui est incompréhensible ou difficile à atteindre". Durga est une forme de Sakti révérée pour sa grâce autant que pour son aspect terrifiant. Mère de l’Univers, elle représente le pouvoir infini de l’univers et est un symbole du dynamisme féminin.
Elle est aussi appelée Parvati, Ambika et Kali. Sous la forme de Parvati, elle est connue comme l’épouse divine de Shiva et la mère de ses deux fils Ganesh et Karttik et de ses filles Saraswati et Lakshmi
Lors de ces festivals, des temples provisoires, nommés Pandal, sont construits et la déesse y est représentée sous son aspect le plus connu, la destructrice de démons.
En effet Durga tua le démon Mahishâsura qui faisait régner la terreur sur terre et dans le ciel, ce démon avait la particularité de ne pouvoir être tué par une personne mâle, pouvoir qui lui avait conféré par Brahmâ.
Shiva lui remit son trident et Vishnu son disque magique, le chakra. Varuna, Dieu des eaux, lui donna sa conque marine et Agni, Dieu du Feu, lui donna une lance. De Vayu, le Dieu du Vent, elle reçut des flèches. Le Roi des Dieux, Indra, fit cadeau de son arme suprême, la Foudre. Vishvakarma, l’Architecte des Cieux, lui remit une hache parfaitement polie et une armure magique. Dieu des Montagnes, Himalaya lui confia, en vue de la bataille, un magnifique Lion qu’elle pouvait chevaucher. C’est donc ainsi armée et sur son lion (parfois un tigre) qu’elle est représentée terrassant le démon qui vient de sortir d’un buffle, dont il avait pris l’apparence pour échapper à Durga.
Les temples provisoires où est abritée la représentation de la déesse peuvent être de dimensions modestes ou très grands. Mon quartier étant essentiellement habité par des Bengalis il y a une “concurrence” entre les diverses communautés religieuses pour construire un temple plus beau que tous les autres.
Je présenterais donc trois temples de style très différent, chacun étant le reflet de la communauté qui l’édifia et aussi le reflet de ses moyens financiers.
La construction du grand temple est revenu à environ 20 000 euros, le moyen à 8 000 euros, le petit environ 3 000 euros.
La particularité de ces temples provisoires est que à part la structure qui est récupérée à la fin du festival, toutes les sculptures sont apportée à la rivière Yamuna, le fleuve de Delhi, un des trois fleuves sacré de l’Inde, pour y êtres immergées. Ce qui ne manque pas de poser des problèmes de pollution.
La structure des temples est essentiellement faite de grands morceaux de bambous assemblés par des cordages.
La structure est ensuite recouverte de toile
Le temple ci dessus est le plus petit, et reprend la forme typique des temples bengalis, notamment les toits en forme de hutte.
A l’intérieur du temple on trouve la représentation de la déesse Durga entourée de ses deux fils et ses deux filles.
Le personnage vert est le démon que Gurda vient de mettre à mort, et le personnage avec une tête d’éléphant est Ganesh.
La représentation de Durga
est typiquement bengali, ci-dessous une œuvre de Jaminy Roy (1887-1972) peintre originaire du Bengale, il passa toute sa vie à Kolkatta (Calcutta) capitale du Bengale, et s’inspira des peintres populaires appelés Puta.
Un autre temple plus grand avec une décoration différente.
La structure du plafond est extrêmement complexe du à sa forme particulière
L’autel en construction, les personnages sont d’abord une structure en osier, recouverte de toile et d’argile.
La réalisation est d’une grande finesse
Les personnages sont ensuite peints, habillés et décorés.
L’ensemble fini. Si le style reste bengali, il s’éloigne des racines populaires, se rapprochant du style de Mysore (école de peinture du sud de l’Inde).
Le plus grand temple est d’un style et d’une conception totalement différente. La partie artistique à été réalisée par des étudiants des Beaux Arts de Kolkatta.
Ce temple se veut être l’interprétation des différents temples souterrains situés principalement au Maharashtra. La période de construction de ces temples s’étale du 2ème siècle de notre ère jusqu’au 7ème siècle. Les plus connus sont Ellora, Ajanta, Eléphant.
Les artistes ont donc essayés de représenter l’intérieur de ces temples, qui sont en fait des grottes artificielles.
La structure est comme les autres temples en bambou. Les huit dieux qui fournirent leurs armes à Durga sont figurés latéralement, l’autel étant au fond et nettement surélevé par rapport au sol.
Pour simuler l’aspect tourmenté de l’intérieur du temple, des formes en bambous refendus sont attachées à la structure, recouvertes de toile et ensuite d’argile.
L’argile est pétrie sur place
Les statues sont de grandes dimensions, environ 3 mètres, et d’un style très réaliste.
L’autel reprend les mêmes personnages que dans les autres temples.
Les statues sont ensuite recouvertes de plâtre de Paris et peintes.
L’ensemble de l’autel.
Quelques détails.
Les statues des dieux achevées.
L’ensemble intérieur.
Bien entendu tout cela revient cher, donc il faut une place aux sponsors.
et même beaucoup de place.
On installe même des distributeurs de billets..
et des manèges pour les enfants, peints aux couleurs de l’Inde.
avec les nourritures spirituelles les nourritures terrestres, ici la confection de beignets de courge (très bon).
Les courges sont particulièrement grosses.
Après dix jours de festivité et de recueillement, les statues sont emmenées au fleuve Yamuna.
suivit d’une foule nombreuse
et en musique



Kâlî détruit Raktabija (image du 17ème siècle)











