Feeds:
Articles
Commentaires

DURGA PUJA

Chaque année les Bengalis célèbrent la déesse Durga au cours d’un long festival appelé Durga Puja (cérémonie d’offrande et d’adoration à Durga).

Durga en sanskrit signifie "celle qui est incompréhensible ou difficile à atteindre". Durga est une forme de Sakti révérée pour sa grâce autant que pour son aspect terrifiant. Mère de l’Univers, elle représente le pouvoir infini de l’univers et est un symbole du dynamisme féminin.
Elle est aussi appelée Parvati, Ambika et Kali. Sous la forme de Parvati, elle est connue comme l’épouse divine de Shiva et la mère de ses deux fils Ganesh et Karttik et de ses filles Saraswati et Lakshmi

Lors de ces festivals, des temples provisoires, nommés Pandal, sont construits et la déesse y est représentée sous son aspect le plus connu, la destructrice de démons.

En effet Durga tua le démon Mahishâsura qui faisait régner la terreur sur terre et dans le ciel, ce démon avait la particularité de ne pouvoir être tué par une personne mâle, pouvoir qui lui avait conféré par Brahmâ.

Shiva lui remit son trident et Vishnu son disque magique, le chakra. Varuna, Dieu des eaux, lui donna sa conque marine et Agni, Dieu du Feu, lui donna une lance. De Vayu, le Dieu du Vent, elle reçut des flèches. Le Roi des Dieux, Indra, fit cadeau de son arme suprême, la Foudre. Vishvakarma, l’Architecte des Cieux, lui remit une hache parfaitement polie et une armure magique. Dieu des Montagnes, Himalaya lui confia, en vue de la bataille, un magnifique Lion qu’elle pouvait chevaucher. C’est donc ainsi armée et sur son lion (parfois un tigre) qu’elle est représentée terrassant le démon qui vient de sortir d’un buffle, dont il avait pris l’apparence pour échapper à Durga.

AN00057916_001_l

Les temples provisoires où est abritée la représentation de la déesse peuvent être de dimensions modestes ou très grands. Mon quartier étant essentiellement habité par des Bengalis il y a une “concurrence” entre les diverses communautés religieuses pour construire un temple plus beau que tous les autres.

Je présenterais donc trois temples de style très différent, chacun étant le reflet de la communauté qui l’édifia et aussi le reflet de ses moyens financiers.

La construction du grand temple est revenu à environ 20 000 euros, le moyen à 8 000 euros, le petit environ 3 000 euros.

La particularité de ces temples provisoires est que à part la structure qui est récupérée à la fin du festival, toutes les sculptures sont apportée à la rivière Yamuna, le fleuve de Delhi, un des trois fleuves sacré de l’Inde, pour y êtres immergées. Ce qui ne manque pas de poser des problèmes de pollution.

La structure des temples est essentiellement faite de grands morceaux de bambous assemblés par des cordages.

IMG_1226IMG_1227

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La structure est ensuite recouverte de toile

IMG_1398

IMG_1396

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le temple ci dessus est le plus petit, et reprend la forme typique des temples bengalis, notamment les toits en forme de hutte.

A l’intérieur du temple on trouve la représentation de la déesse Durga entourée de ses deux fils et ses deux filles.

IMG_1388

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le personnage vert est le démon que Gurda vient de mettre à mort, et le personnage avec une tête d’éléphant est Ganesh.

Mahishâsura

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La représentation de Durga IMG_1389est typiquement bengali, ci-dessous une œuvre de Jaminy Roy (1887-1972) peintre originaire du Bengale, il passa toute sa vie à Kolkatta (Calcutta) capitale du Bengale, et s’inspira des peintres populaires appelés Puta.

 

 

 

Jaminy Roy Mother and child

Un autre temple plus grand avec une décoration différente.

IMG_1339 IMG_1310

 

 

 

 

 

 

 

 

La structure du plafond est extrêmement complexe du à sa forme particulière

IMG_1431 

L’autel en construction, les personnages sont d’abord une structure en osier, recouverte de toile et d’argile.

IMG_1312

La réalisation est d’une grande finesse

IMG_1319  IMG_1331

IMG_1323

Les personnages sont ensuite peints, habillés et décorés.

IMG_1441L’ensemble fini. Si le style reste bengali, il s’éloigne des racines populaires, se rapprochant  du style de Mysore (école de peinture du sud de l’Inde).

IMG_1432

Le plus grand temple est d’un style et d’une conception totalement différente. La partie artistique à été réalisée par des étudiants des Beaux Arts de Kolkatta.

Ce temple se veut être l’interprétation des différents temples souterrains situés principalement au Maharashtra. La période de construction de ces temples s’étale du 2ème siècle de notre ère jusqu’au 7ème siècle. Les plus connus sont Ellora, Ajanta, Eléphant.

Les artistes ont donc essayés de représenter l’intérieur de ces temples, qui sont en fait des grottes artificielles.

Statues Ellora

La structure est comme les autres temples en bambou. Les huit dieux qui fournirent leurs armes à Durga sont figurés latéralement, l’autel étant au fond et nettement surélevé par rapport au sol.

IMG_1250

Pour simuler l’aspect tourmenté de l’intérieur du temple, des formes en bambous refendus sont attachées à la structure, recouvertes de toile et ensuite d’argile.

IMG_1248

L’argile est pétrie sur place

IMG_1243

Les statues sont de grandes dimensions, environ 3 mètres, et d’un style très réaliste.

IMG_1302

L’autel reprend les mêmes personnages que dans les autres temples.

IMG_1236

 IMG_1237

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les statues sont ensuite recouvertes de plâtre de Paris et peintes.

IMG_1408 IMG_1410

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ensemble de l’autel.

IMG_1405

Quelques détails.

IMG_1411

IMG_1414

Les statues des dieux achevées.

IMG_1415 

L’ensemble intérieur.

IMG_1423

Bien entendu tout cela revient cher, donc il faut une place aux sponsors.

IMG_1383 IMG_1385

et même beaucoup de place.

IMG_1429 IMG_1445

On installe même des distributeurs de billets..

IMG_1448

et des manèges pour les enfants, peints aux couleurs de l’Inde.

IMG_1454

avec les nourritures spirituelles les nourritures terrestres, ici la confection de beignets de courge (très bon).

IMG_1417 IMG_1418

Les courges sont particulièrement grosses.

IMG_1420 

Après dix jours de festivité et de recueillement, les statues sont emmenées au fleuve Yamuna.

IMG_1512

suivit d’une foule nombreuse

IMG_1507

et en musique

Problème de dot

Dans un article précédent consacré aux annonces matrimoniales “A la recherche du bon parti”, j’avais évoqué le problème rencontré par de nombreuses familles de la mariée concernant la dot. En effet traditionnellement une dot est exigée par la famille du marié, celle ci voyant dans la dot la compensation financière du manque à gagner, le fils étant obligé d’allouer une partie de ses revenus à sa nouvelle famille, diminuant ainsi le montant qu’il versait auparavant à ses parents.

Le montant de la dot, quelque soit les revenus de la famille de la mariée est toujours très important, et représente un lourd sacrifice. Ce qui explique en partie pourquoi les familles préfèrent avoir un fils plutôt qu’une fille.

En principe la coutume de la dot, théoriquement interdite par la loi, est surtout pratiquée par les familles de confession hindouiste, mais les autres confessions pratiquement également cette coutume, mais beaucoup plus discrètement.

Il arrive également que bien que la famille de la mariée est versée une dot, le marié et ses parents réclament de nouveaux versements, et cela peut être dramatique, on ne compte plus le nombre de jeunes filles mariées qui sont harcelées, maltraitées parce que ses parents ne peuvent satisfaire le “racket” auquel ils sont soumis, trop souvent cela ce termine par la mort de l’épouse à la suite d’un “accident domestique” ou par un “suicide”.

Un article paru dans “The Times of India” du 30 Avril expose ce qui vient d’être développé ci-dessus, mais avec une conclusion qui sort de l’ordinaire.

L’histoire commence de façon très simple dans le village de Badarpur, Etat de l’Haryana, à environ 60 kilomètres au sud de New-Delhi, deux familles de confession musulmane c’étaient mises d’accord pour que leurs enfants se marient. Le fiancé, Ezaz Khan, originaire  du village de Akera, Etat du Maharashtra , (1600 kilomètres SE de New-Delhi) est étudiant à la Jamia Millia Islamia (1) de New-Delhi. La fiancé, fille de Illiyas, propriétaire terrien.

Le Samedi 25 Mai la cérémonie du mariage (nikaah) à lieu au village de Badarpur, en grandes pompes, puis vint le temps pour le nouveau marié d’emmener sa belle chez lui (bidaai) et de partir avec la voiture qui constituait la dot, une Maruti Alto.maruti-suzuki-alto-2005

Mais au moment où Illiyas remettait les clés de la voiture à Ezzaz Khan celui-ci refusa de les prendre, en disant qu’il n’était pas satisfait par la Maruti Alto (2) et qu’il voulait maintenant un Mahindra Scorpio (3) et 12 000 € en cash.

La dot venait donc instantanément s’être multipliée par 9. La valeur de la Maruti, environ 3800 €, valeur de la Mahindra Scorpio environ 12 750 € plus les 23 000 € en cash, total 35 750 €.

La réaction de la famille de la mariée, ne fut pas celle qu’attendait le nouvel époux, il fut “passé à tabac” ainsi que son père, ils furent séquestrés ainsi que 25 de leurs invités, de plus le père et le fils eurent le crane rasés.

Tard dans la nuit un Panchayat (équivalent d’un maire) fut appelé et ses décisions furent rapides et sans appels :

  • Primo : il prononçât le divorce des nouveaux mariés
  • Deuxio : il exigea que le père et le fils remboursent les frais  occasionnés par le mariage aux parents de la nouvelle divorcée soit la somme de 12 000 €.

Le père et le fils durent s’exécuter pour êtres libres.

Durant tout ce temps la Police se tint à distance respectueuse de l’affaire, et laissa le Panchayat libre de ses décisions, jugeant qu’il était le mieux placé pour les prendre.

Illiyas bien que contrarié par les évènements déclara qu’après tout il était content que sa fille ne soit pas parti dans une famille aussi cupide “j’étais d’accord pour ce mariage seulement pour le fait que le fiancé étudiait dans une université prestigieuse, mais je préfère qu’elle épouse un illettré qui ne soit pas aussi cupide”

Un peu compte de fée, mais enfin une histoire de dot qui se termine très différemment.

(1) pour en savoir plus sur la Jamia Millia Islamia de New-Delhi :

www.jmi.nic.in

(2) Caractéristiques succinctes de la Maruti Alto

  • Moteur essence de 3 cylindres- cylindrée 800 cm3.
  • Puissance : 47 ch.

(3) Caractéristiques succinctes de la Mahindra Scorpio

  • Moteur Diesel de 4 cylindres – cylindrée 2 600 cm3.
  • Puissance : 120 ch.

En 1979 lors de ma première visite en Inde j’avais été surpris par le supplément des annonces matrimoniales de l’édition dominicale du “The Times of India”, pas moins de six pages autant que je me souvienne. Trente ans après la même édition dominicale est toujours avec le même supplément d’ annonces matrimoniales, comprenant six à huit pages, ce qui représente environ 1000 à 1200 annonces.

Le mariage ou l’alliance de deux personnes, dans toute société est un acte très important, puisque c’est par ce moyen que la perpétuation s’effectue. En Inde le mariage occupe une position centrale dans la structure de la société, car le mariage est avant tout l’alliance de deux familles, et laisse peu de place aux inclinations individuelles. Une précision, en principe l’âge légal du mariage est 18 ans pour les filles, 21 ans pour les garçons. En dehors des grandes villes cette obligation est très mal respectée notamment pour les filles.

Ce sont les familles, pas seulement le père et la mère mais aussi les oncles, les tantes, les cousins qui délibèrent sur le choix du futur ou de la future, les intéressé(e)s ayant peu droit à la parole, ce qui expliquent pourquoi beaucoup d’annonces mettent en avant la position familiale des parents du prétendant ou de la prétendante.

Annonce 7 traduction 7

Dans le Nord de l’Inde, c’est à dire dans la zone où les langues parlées sont d’origine Indo Aryenne, les mariages s’établissent hors de la famille, les consanguinités étant soigneusement évitées.

Dans le Sud de l’Inde, la zone où les langues parlées sont d’origine dravidienne, au contraire la recherche de l’élu(e) sera faite au sein de la famille élargie, par exemple un oncle épousera sa nièce, un cousin sa cousine.

Mais que ce soit au Nord ou au Sud, la quête du bon parti est primordialement faite au sein de la caste à laquelle appartient la famille. L’annonce ci-dessus est sans ambigüité, la jeune fille recherchée doit appartenir à la caste des Marwari.

D’ailleurs la présentation des annonces répond a cet impératif puisque elles se répartissent d’abord entre hommes et femmes, ensuite les catégories sont multiples, castes, religions, groupe ethnique, profession, veuves, etc….….enfin sur l’édition papier il y a le choix entre 143 catégories, et sur l’édition électronique (internet) uniquement pour les castes 3743 options sont possibles.

Categories

L’annonce typique est comme celle qui suit,

Annonce 1 Traduction annonce 1

Si l’ensemble de l’annonce est compréhensible, il subsiste un mot et un acronyme qui sont typiquement indien.

Lacks tout d’abord signifie 100 000 (ici roupies), en effet en Inde l’écriture des grands chiffres est particulière, dans le cas présent la somme s’écrit ainsi :

24 00 000 roupies (soit environ 35 200 euros).

BHP est l’acronyme pour Biodata – Horoscope – Photo.

Biodata c’est la biographie de la personne avec ses gouts, ses projets enfin tout ce qui pourrait la faire connaitre un peu mieux.

Horoscope, un des éléments très importants car l’astrologue de chaque famille va vérifier la compatibilité des deux personnes. Le diagramme astral en astrologie védique est très différent du modèle utilisé par les astrologues de l’occident. Ci-dessous à gauche un diagramme védique, à droite un diagramme occidental.

morning-rashi theme_astral__carte_du_ciel

Dans l’astrologie védique il existe un aspect particulier dans un horoscope, qui a une très grande importance et celui ou celle qui en est affecté est alors appellé(e) Manglik, cet aspect est particulièrement redouté car les mangliks sont supposés voir leur partenaire décéder un an après le mariage. Toutefois si deux mangliks s’épousent l’effet néfaste est annulé, l’annonce ci dessous en est l’illustration.

Annonce manglik manglik Traduction manglik manglik

De ce qui précède on pourrait conclure que le cadre sociétal du mariage est particulièrement rigide, ce qui est vrai pour certaines castes particulièrement les brahmins, néanmoins certaines familles sont moins arc-boutées sur le principe des castes et le mentionne dans l’annonce, comme celle qui suit.Annonce 4Traduction annonce 4

Un autre point très important est celui de la dot (dowry), jamais mentionnée par ce que allant de soi, en fait interdit par la loi. En effet la dot est vue par la majorité des familles comme une compensation pour la perte de revenu venant du fils, celui ci étant obligé de consacrer un certain montant de ses revenus à sa propre famille. Il n’en pas toujours été ainsi, jusqu’au début du 20ème siècle, la dot en fait restait la propriété de la mariée, essentiellement bijoux, bracelets, pièces d’or ou d’argent, dot qui lui préservait une certaine indépendance. A l’heure actuelle la dot est un drame pour des milliers de famille qui se voit soumises à un rackett, et lorsque la famille de l’épouse devient incapable de payer c’est souvent la mort programmée de la jeune fille,  aspergée de kérosène ou d’essence, une alumette, la conclusion sera un “accident domestique”.

Pourtant certains n’hésite pas à mentionner qu’ils ne veulent pas de dot, comme l’annonce ci-après.

Annonce 3 Traduction annonce 3

Dans l’annonce ci-dessus, en plus de la mention “No Dowry” (pas de dot), il est indiqué parmi les critères auxquels la jeune fille doit répondre “convent educated”, c’est à dire élevée et instruite dans une école privée chrétienne, beaucoup y voit un gage de savoir vivre et de retenue. Mais ce ne sont pas seulement les hommes qui font intervenir ce critère, mais également les familles des jeunes filles, comme l’annonce suivante.

Annonce 5Traduction annonce 5

Les exigences vis-à-vis des jeunes filles sont parfois surprenantes, enfin pour des occidentaux, comme celle de s’engager à ne pas solliciter un emploi, comme en témoigne l’annonce suivante,

Annonce 8 Traduction annonce 8

Précision, l’annonce commence par l’énumération de la lignée de la famille, les Sisodia sont un clan princier rajput du Rajasthan, Urmas et Gotra pour préciser que la transmission du titre c’est fait uniquement par les hommes.

Prince Sisodia

Enfin lorsque les deux familles ont constaté que leurs enfants respectifs pouvaient se marier, les négociations commencent sur le montant de la dot, les frais du mariage, qui sont généralement supportés par la famille de la jeune fille, les cadeaux que cette même famille doit apporter, la date du mariage, et lorsque l’accord final est enfin trouvé les familles échangent des confiseries cela s’appellent “eating of the sugar” (manger du sucre).

Fin de l’arrangement d’un mariage arrangé.

Et quand les partenaires se choisissent librement, sans famille, sans horoscopes, sans dot, sans caste, sans religion on appelle cela en Inde une « histoire d’amour » (Love story).

Si vous vous voulez en savoir plus sur le mariage en Inde, je vous conseille les livres suivants :

La dot en Inde

“La dot en Inde, un fléau social ?” de Véronique Bénéï

image

“Enjeux contemporains du féminisme indien” Par Danielle Haase-Dubosc, Oristelle Bonis, Mary E. John, Anne Deren, Marcelle Marini, Rama Melkote, Susie Tharu

image

“Mariage arrangé”

Chitra-Banerjee Divakaruni

Devant l’immeuble où nous habitons il y a deux arbres, qui durant tout l’hiver n’exhibaient que leurs branches sans feuilles. Avec l’arrivée du Printemps ils se sont progressivement couverts de boules vertes, de la taille d’une balle de tennis, ces boules vertes se sont ouvertes laissant échapper des fleurs oranges pour l’un, rouges pour l’autre.

                IMG_0502   IMG_0478

Ces arbres s’appellent Semal ou Arbre à coton, le nom scientifique est Bombax ceida de la famille des baobabs. Cet arbre est commun dans toute l’Asie ainsi qu’en Australie et en Afrique. A New-Delhi ils sont plantés le long des rues car ce sont des arbres qui grandissent vite, même si ici à cause du climat semi-aride ils n’atteignent pas les 60 mètres de haut ce qui est commun pour cette variété, ceux qui sont devant chez nous atteignent quand même 15 et 20 mètres. Celui de gauche s’est beaucoup étendu en largeur, une de ses branches traversant même la rue.

IMG_0497 Les fleurs sont soient rouges ou orange et reposent sur une boule,

IMG_0468 IMG_0465

La même fleur avec les feuilles de l’arbre.

410px-Bombax_ceiba_Blanco1.226b Cette belle floraison va durer jusqu’à la fin Avril, après cela seul subsisteront les feuilles.

IMG_0495

A titre indicatif, cet arbre pousse fort bien sur le pourtour méditerranéen.

Moyens de transport

A New-Delhi pour se déplacer ou faire transporter quelque chose les solutions sont multiples, la plus simple étant la marche à pied, le moyen le plus utilisé par des millions d’indiens.

IMG_2548    IMG_0384

Vient ensuite le vélo, seul, en famille,

IMG_0369  IMG_0377

Il est également possible de se faire transporter,

IMG_0418  IMG_0489

Ou de se transporter, scooter, moto,

IMG_0359  IMG_0420

la moto est très populaire,

IMG_0394

Les rickshaw appelés ici “auto”sont un moyen économique et toujours disponible, bien se mettre d’accord sur le prix de la course avant de s’embarquer, bien qu’ils aient tous un compteur qui est soit défectueux, soit que le conducteur préfère ne pas l’utiliser. En six mois je n’ai rencontré qu’un seul chauffeur qui acceptait de faire la course au compteur, malgré tout le rickshaw est un moyen économique pour se déplacer. Une course de 10 km coûte environ 1,50 euros.

IMG_0367 

3 places à l’arrière, en tassant un peu 4  c’est possible plus un à coté du chauffeur, total passager : 5. Si l’on est plus nombreux il y les rickshaw “collectifs”, les passagers partagent le prix de la course.

IMG_0514

8 à l’arrière plus 2 devant, total passagers : 10. Tous les rickshaws fonctionnent au GPL moins polluant que le mélange deux-temps utilisé auparavant. La grande majorité des rickshaws sont en bon état, mais il y a quand même en service quelques uns dans un “drôle” d’état.

IMG_0531 IMG_0403

Le rickshaw existe également en version utilitaire,

IMG_0427

mais le plus répandu c’est le tricycle sur lequel tout est transporté, le poids, la longueur ou le volume importe peu, il faut une résistance physique exceptionnelle pour emmener de tels engins.

IMG_0517 IMG_0539

IMG_0449 IMG_0538

Et puis il y a le taxi, 99% sont des “Ambassadors” un monument historique de l’industrie automobile indienne fabriquées depuis 1954, date à laquelle l’Etat indien à acquis la licence de fabrication auprès du fabricant britannique Morris (depuis disparu).

IMG_0365Cette voiture est toujours fabriquée dans l’usine d’Etat Hindustan Motors et fonctionne au GPL. Il y a des versions civiles, et ce sont essentiellement des voitures de l’Administration, l’Ambassador étant d’ailleurs la voiture officielle du Gouvernement indien.

IMG_0364En dehors de l’Ambassador le choix est grand, presque tous les grands constructeurs mondiaux sont présents, les voitures étant fabriquées en Inde,

Toyota, Tata (constructeur indien), Hyundai, Susuki, Honda, Renault, Ford, Wolkswagen. La voiture individuelle reste un rêve pour 90% des Indiens, les prix sont prohibitifs pour un salaire local, une voiture est d’ailleurs très souvent est acheté à plusieurs. A titre indicatif, un pauvre est une personne qui gagne moins de 12 centimes d’Euro par jour, un chauffeur de voiture particulière gagne environ 100 euros par mois, la voiture la moins chère coûte environ 5000 euros.

IMG_0386 IMG_0387 IMG_0388

IMG_0389 IMG_0390 IMG_0391

IMG_0458

Et puis il y a les bus, les “Blues lines”. Construit sur des chassis de camion, vite dégradés, ce sont les terreurs des rues de New-Delhi, les chauffeurs roulent très vite, déposent très souvent les passagers au milieu du trafic et sont dans un état déplorable, un bon point quand même ils fonctionnent au GPL.

IMG_0528

Mais la fin de leur règne arrive, car la Municipalité de New-Delhi à commencé à mettre en service des bus fabriqués par Tata, sous licence brésilienne. Ces bus moderne au standard du 21ème siècle sont appelés à remplacer les monstres antiques que sont les “Blues lines”.

IMG_0521 Sur ces nouveaux bus, les bonbonnes de GPL sont montés sur le toit, ce n’est donc pas la climatisation que l’on voit sur la photo. Les nouveaux bus climatisés sont rouges et non pas vert et le ticket coute le double des bus non climatisés.

Malheureusement beaucoup de destination ne sont pas desservis, les gens s’en remettent à des moyens moins orthodoxes,

IMG_0516 un moyen pour le chauffeur du camion d’arrondir ses fins de mois.

Le tableau de la circulation dans New-Delhi ne serait pas complet sans un élément familier,

IMG_0447

Contrastes

L’Inde est très souvent présentée comme un pays de contrastes. Contraste entre la très grande richesse d’une minorité et la pauvreté d’un très grand nombre (238 millions en 2007 – Commission du Plan), contraste entre les villes et les campagnes, mais il y aussi le contraste, moins connu entre les États (l’Inde est un pays fédéral).

Un article et une annonce parus respectivement dans deux quotidiens de grande diffusion « The Hindu » et « The Times of India » ont retenu mon attention.

L’article publié par « The Hindu » relatait la grève illimitée des employés de l’État du Bihar, un des États le plus pauvre de l’Inde, pour obtenir le payement des arriérés de salaires remontant à 2006. Cette information était accompagnée d’une photo montrant un des bureaux de l’administration centrale de l’État, ce qui frappe sur cette photo c’est l’absence totale d’outils informatiques, tout n’est que papier, carton et empilement de dossiers.

bureau-bihar

Photo : Ranjeet Kumar

L’annonce publiée dans « The Hindu » était un appel d’offre de la Municipalité de Delhi (qui a le rang d’État) .

logiciel-rickshaw

Cet appel d’offres concernait la mise en place d’un nouveau système scientifique de gestion, entretien et conception des tricycles à pédales pour le transport de personnes et de marchandises et des charrettes à bras, ainsi que la fourniture d’un logiciel pour le suivi du système cité auparavant, le tout devant être fourni avec le matériel informatique adéquat.

Le contraste entre ces deux informations est saisissant et souligne le fossé dans le même pays entre ceux qui peuvent utilisé une technique moderne, même si l’objet de l’utilisation est pour des matériels techniquement dépassé, et ceux qui sont condamnés à travailler dans un cadre d’un age révolu.

Le temple de Kâlî

CR Park fut créer pour accueillir les réfugiés du Pakistan Oriental (aujourd’hui le Bengladesh) à la fin des années 60. Ces réfugiés amenèrent avec eux leurs traditions et leurs croyances. Une des premières constructions à être érigée fut le temple de Kâlî (Kali mandir).

vue-ensemble-temple

Le temple de Kâlî à CR Park

Dans l’hindouisme, Kâlî est la déesse du temps et de la mort donc de la délivrance, mais aussi mère destructrice et créatrice, la force qui détruit les esprits mauvais et qui protège les dévots. Pour les Bengalis c’est surtout l’aspect maternel et protecteur qui est primordial. Le Bengale étant la partie de l’Inde où son culte est le plus développé, et c’est où l’on trouve le plus de temples dédiés à Kâlî, qui a donné son nom à Calcutta par l’intermédiaire de Kalikata, un des trois villages loués à la Compagnie anglaise des Indes orientales, à l’origine de la ville.

En dehors du Bengale pourtant c’est l’aspect destructeur et effrayant qui est le plus retenu, voici la description qu’en fait Jules Verne dans « Le tour du monde en quatre-vingt jours ».

« Sur un char aux larges roues dont les rayons et la jante figuraient un entrelacement de serpents, apparut une statue hideuse, trainée par deux couples de zébus richement caparaçonnés. Cette statue avait quatre bras ; le corps colorié d’un rouge sombre, les yeux hagards, les cheveux emmêlés, la langue pendante, les lèvres teintes de henné et de bétel. A son cou s’enroulait un collier de têtes de mort, à ses flancs une ceinture de mains coupées. Elle se tenait debout sur un géant terrassé auquel le chef manquait. »

kali-destroys-raktabija Kâlî détruit Raktabija (image du 17ème siècle)

kali-devi

La statue de Kâlî qui est dans le temple de CR Park à toutefois un autre aspect, même si ses attributs sont particulièrement terribles, une tête coupée, une épée, et masquée sous le tissu autour de son cou une guirlande de cranes.

kali

Le temple de Kâlî de CR Park de par son architecture se rattache aux temples du Bengale, notamment par la forme particulière du toit qui est dérivée des toits en bambous des huttes villageoises du Bengale, forme adaptée pour se protéger des pluies torrentielles très fréquentes dans cette région. Ci-après quelques temples de Kâlî au Bengale. worship-at-the-kali-temple-1800

Aquarelle réalisée par un artiste anonyme entre 1798 – 1804 représentant le temple de Kâlî à Titaghar au Bengale. La scène représente des fidèles se préparant à sacrifier des chèvres. iew-of-the-ruins-of-the-kali-mandir-at-chintarian-devikot

Photographie des ruines du temple de Kâlî à Chintarian, Devikot, maintenant au Bangladesh, réalisée par John Henry Ravenshaw aux alentours de 1870.

hindoo-temples-on-the-hooghly1

Photographie coloriée à la main du temple de Dakshineshwar prise par Frederick Fiebig en 1855. La temple de Dakshineshwar est situé le long de la rivière Hooghly à Calcutta. Il fut construit par Rami Rashmoni en 1851 dans le style Navaratna (c.a.d neuf tours). Le temple principal est dédié à la déesse Kâlî. Le complexe du temple comprend un grand temple principal et dédié à Kâlî et douze temples plus petits dédiés à Shiva, Rhana et Krishna. Comme Rami n’était pas un brahmane, très peu de prêtres acceptèrent de servir le temple à l’exception de Ramakrishna et son frère. Ramakrishna Paramahansa (1836 – 1886) devint l’un des plus grands philosophe religieux de l’Inde.

Un temple hindou est presque toujours construit selon le même schéma qui reprend six fonctions : (les photos sont celles du temple de CR Park)

1 – Le toit qui représente la montagne mythologique « Meru » et une flèche qui en symbolise le sommet. dome

steeple

2 – la chambre intérieure où est placée la représentation de la divinité, ne peuvent pénétrer dans cette pièce que les prêtres . img_2582

3 – Le hall où les fidèles se rassemble pour prier où assister aux rites effectués par les prêtres. img_2591

4 – Le porche où est accrochée une cloche que sonnent les fidèles pour invoquer les dieux, et éloigner les esprits diaboliques et sataniques.

img_25951

5 – Le promenoir autour de la chambre intérieure pour permettre aux fidèles de déambuler autour de la représentation de la divinité, en marque de faveur et de respect. img_2594

6 – Un réservoir d’eau dont le contenu est utilisé pour les rituels et nettoyer le sol du temple.

Deux autres temples plus petits sont dédiés respectivement l’un à Rada et Krishna, l’autre à Shiva sont situés de chaque coté du temple de Kâlî.

Dans le temple dédié à Shiva le dieu est representé symboliquement par un lingam reposant sur une base circulaire appelée peetham.

lingam

Rada et Krishna, symbole divin de l’amour, sont representés par des statuettes et sont particulièrement révérés par les Bengalis.

Ci-dessous la représentation de Rada et Krishna dans le temple

couple

Le complexe du temple à CR Park comprend également un bâtiment pour héberger les pèlerins, venus parfois de fort loin, une bibliothèque, une salle de conférence appelée Netaji Subash Hall en mémoire de Subash Chandra Bose, héros bengali de la lutte pour l’indépendance de l’Inde, un dispensaire pratiquant la médecine homéopathique et fournissant soins et médicaments gratuitement, une clinique pratiquant la naturopathie.

Pour les fidèles mariés selon le culte Vaishnavite une salle spécifique est utilisée pour les pratiques rituelles ainsi que pour des actes de dévotion à Rada et Krishna.

Dans un autre article j’aborderais les grandes fêtes qui se déroulent annuellement au temple.