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Archive for février 2009

Contrastes

L’Inde est très souvent présentée comme un pays de contrastes. Contraste entre la très grande richesse d’une minorité et la pauvreté d’un très grand nombre (238 millions en 2007 – Commission du Plan), contraste entre les villes et les campagnes, mais il y aussi le contraste, moins connu entre les États (l’Inde est un pays fédéral).

Un article et une annonce parus respectivement dans deux quotidiens de grande diffusion « The Hindu » et « The Times of India » ont retenu mon attention.

L’article publié par « The Hindu » relatait la grève illimitée des employés de l’État du Bihar, un des États le plus pauvre de l’Inde, pour obtenir le payement des arriérés de salaires remontant à 2006. Cette information était accompagnée d’une photo montrant un des bureaux de l’administration centrale de l’État, ce qui frappe sur cette photo c’est l’absence totale d’outils informatiques, tout n’est que papier, carton et empilement de dossiers.

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Photo : Ranjeet Kumar

L’annonce publiée dans « The Hindu » était un appel d’offre de la Municipalité de Delhi (qui a le rang d’État) .

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Cet appel d’offres concernait la mise en place d’un nouveau système scientifique de gestion, entretien et conception des tricycles à pédales pour le transport de personnes et de marchandises et des charrettes à bras, ainsi que la fourniture d’un logiciel pour le suivi du système cité auparavant, le tout devant être fourni avec le matériel informatique adéquat.

Le contraste entre ces deux informations est saisissant et souligne le fossé dans le même pays entre ceux qui peuvent utilisé une technique moderne, même si l’objet de l’utilisation est pour des matériels techniquement dépassé, et ceux qui sont condamnés à travailler dans un cadre d’un age révolu.

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Le temple de Kâlî

CR Park fut créer pour accueillir les réfugiés du Pakistan Oriental (aujourd’hui le Bengladesh) à la fin des années 60. Ces réfugiés amenèrent avec eux leurs traditions et leurs croyances. Une des premières constructions à être érigée fut le temple de Kâlî (Kali mandir).

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Le temple de Kâlî à CR Park

Dans l’hindouisme, Kâlî est la déesse du temps et de la mort donc de la délivrance, mais aussi mère destructrice et créatrice, la force qui détruit les esprits mauvais et qui protège les dévots. Pour les Bengalis c’est surtout l’aspect maternel et protecteur qui est primordial. Le Bengale étant la partie de l’Inde où son culte est le plus développé, et c’est où l’on trouve le plus de temples dédiés à Kâlî, qui a donné son nom à Calcutta par l’intermédiaire de Kalikata, un des trois villages loués à la Compagnie anglaise des Indes orientales, à l’origine de la ville.

En dehors du Bengale pourtant c’est l’aspect destructeur et effrayant qui est le plus retenu, voici la description qu’en fait Jules Verne dans « Le tour du monde en quatre-vingt jours ».

« Sur un char aux larges roues dont les rayons et la jante figuraient un entrelacement de serpents, apparut une statue hideuse, trainée par deux couples de zébus richement caparaçonnés. Cette statue avait quatre bras ; le corps colorié d’un rouge sombre, les yeux hagards, les cheveux emmêlés, la langue pendante, les lèvres teintes de henné et de bétel. A son cou s’enroulait un collier de têtes de mort, à ses flancs une ceinture de mains coupées. Elle se tenait debout sur un géant terrassé auquel le chef manquait. »

kali-destroys-raktabija Kâlî détruit Raktabija (image du 17ème siècle)

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La statue de Kâlî qui est dans le temple de CR Park à toutefois un autre aspect, même si ses attributs sont particulièrement terribles, une tête coupée, une épée, et masquée sous le tissu autour de son cou une guirlande de cranes.

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Le temple de Kâlî de CR Park de par son architecture se rattache aux temples du Bengale, notamment par la forme particulière du toit qui est dérivée des toits en bambous des huttes villageoises du Bengale, forme adaptée pour se protéger des pluies torrentielles très fréquentes dans cette région. Ci-après quelques temples de Kâlî au Bengale. worship-at-the-kali-temple-1800

Aquarelle réalisée par un artiste anonyme entre 1798 – 1804 représentant le temple de Kâlî à Titaghar au Bengale. La scène représente des fidèles se préparant à sacrifier des chèvres. iew-of-the-ruins-of-the-kali-mandir-at-chintarian-devikot

Photographie des ruines du temple de Kâlî à Chintarian, Devikot, maintenant au Bangladesh, réalisée par John Henry Ravenshaw aux alentours de 1870.

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Photographie coloriée à la main du temple de Dakshineshwar prise par Frederick Fiebig en 1855. La temple de Dakshineshwar est situé le long de la rivière Hooghly à Calcutta. Il fut construit par Rami Rashmoni en 1851 dans le style Navaratna (c.a.d neuf tours). Le temple principal est dédié à la déesse Kâlî. Le complexe du temple comprend un grand temple principal et dédié à Kâlî et douze temples plus petits dédiés à Shiva, Rhana et Krishna. Comme Rami n’était pas un brahmane, très peu de prêtres acceptèrent de servir le temple à l’exception de Ramakrishna et son frère. Ramakrishna Paramahansa (1836 – 1886) devint l’un des plus grands philosophe religieux de l’Inde.

Un temple hindou est presque toujours construit selon le même schéma qui reprend six fonctions : (les photos sont celles du temple de CR Park)

1 – Le toit qui représente la montagne mythologique « Meru » et une flèche qui en symbolise le sommet. dome

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2 – la chambre intérieure où est placée la représentation de la divinité, ne peuvent pénétrer dans cette pièce que les prêtres . img_2582

3 – Le hall où les fidèles se rassemble pour prier où assister aux rites effectués par les prêtres. img_2591

4 – Le porche où est accrochée une cloche que sonnent les fidèles pour invoquer les dieux, et éloigner les esprits diaboliques et sataniques.

img_25951

5 – Le promenoir autour de la chambre intérieure pour permettre aux fidèles de déambuler autour de la représentation de la divinité, en marque de faveur et de respect. img_2594

6 – Un réservoir d’eau dont le contenu est utilisé pour les rituels et nettoyer le sol du temple.

Deux autres temples plus petits sont dédiés respectivement l’un à Rada et Krishna, l’autre à Shiva sont situés de chaque coté du temple de Kâlî.

Dans le temple dédié à Shiva le dieu est representé symboliquement par un lingam reposant sur une base circulaire appelée peetham.

lingam

Rada et Krishna, symbole divin de l’amour, sont representés par des statuettes et sont particulièrement révérés par les Bengalis.

Ci-dessous la représentation de Rada et Krishna dans le temple

couple

Le complexe du temple à CR Park comprend également un bâtiment pour héberger les pèlerins, venus parfois de fort loin, une bibliothèque, une salle de conférence appelée Netaji Subash Hall en mémoire de Subash Chandra Bose, héros bengali de la lutte pour l’indépendance de l’Inde, un dispensaire pratiquant la médecine homéopathique et fournissant soins et médicaments gratuitement, une clinique pratiquant la naturopathie.

Pour les fidèles mariés selon le culte Vaishnavite une salle spécifique est utilisée pour les pratiques rituelles ainsi que pour des actes de dévotion à Rada et Krishna.

Dans un autre article j’aborderais les grandes fêtes qui se déroulent annuellement au temple.

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